30 Jours pour écrire #2 / Jour #8 : Monsieur, votre fille est folle

Au moment où je vous parle, je suis dans un immense champ. Des épis de blé se balancent au grès du vent et s’étendent à perte de vue. Mais je ne suis pas seule, perdue dans cette immensité. Près de moi, j’aperçois Rosamunde. C’est une adorable petite fille, que j’ai inventée quand j’avais dix ans. Depuis ce temps, c’est mon amie. Elle est la seule qui me connaisse vraiment. Dans les moments insupportables, elle m’attend, silencieuse, comme une ombre. Mais je n’ai jamais pu la toucher. A chaque fois que je m’approche un peu trop près, elle disparaît. Je suis donc obligée de me satisfaire de la situation, même si j’aimerais beaucoup plus. Mais j’ai toujours eu besoin de toucher pour ressentir les choses. Avec Rosamunde, c’est très difficile. Je ne suis jamais arrivée à connaître ses sentiments. Mais je me suis habituée à sa présence, mystérieuse, presque fantomatique. Soudain, le vent se lève. Plus un bruit ne se fait entendre. Tout le champ retient son souffle. Je suis triste car je sais que Rosamunde va disparaître. Chaque fois que l’air s’agite, elle me quitte. Je n’ai jamais vraiment su pourquoi. Le vent a toujours annoncé son départ. Je me retrouve seule et je n’aime pas ça. J’ai peur de la solitude.

Le vent disparaît comme il est apparu. Les oiseaux se remettent à chanter. Un chat coure dans les herbes. Il essaie d’attraper un papillon. Il se retourne vers moi et me regarde. Il m’invite à le suivre. Un énorme sourire apparaît sur son visage. Je n’ai jamais apprécié les gens qui sourient. Ca me met très mal à l’aise. Je détourne les yeux. Et là, je vois Jupie, ma Jupie qui nous a quittés bien trop tôt. Il faut dire que quand elle est partie, mon monde c’est écroulé. C’est là que j’ai découvert mon petit coin de paradis. Elle me regarde avec ses yeux remplis d’amour, ceux qui me font prendre conscience que j’existe au moins pour quelqu’un. Je l’aime de tout mon cœur. Elle fait partie de moi, et réciproquement. Nous ne formons qu’un, un esprit dans deux corps différents. Mais tout à coup, elle tourne la tête, et s’éloigne en courant. Je l’appelle, mais elle ne me répond pas. Je me retrouve une nouvelle fois seule, abandonnée par le seul être au monde que j’estime plus que moi-même. Il n’y a plus que moi dans cette immense champ. Le chat aussi est parti. Les herbes hautes m’entourent, m’étouffent. Je me sens petite, minuscule même. Mes paupières se font lourdes et je défaille. Je me sens tomber, légère comme une plume. Tout devient flou autour de moi. Puis c’est le trou noir.

*

Mes sensations reviennent. Je prends conscience de mes jambes, de mes bras, de ma tête et de mon corps entier. Je sens que ce dernier repose sur quelque chose d’assez dur. Je sens mon propre poids et l’effet de la pesanteur. Je sens mon sang circulant dans mes veines. Je sens mes muscles. Et petit à petit, je perçois les sons. J’entends un bip régulier. Et des voix. Elles sont fortes. Très fortes. Mais je ne comprends pas ce qu’elles disent. Je veux savoir, mais mon corps ne réagit pas. Je me concentre sur mes yeux. Ils sont ce qu’il y a de plus précieux. Sans la vue, je ne suis rien. J’essaie de soulever mes paupières, sans grand succès. Mais après plusieurs essaie. J’arrive à soulever un petit peu les paupières. Je distingue deux silhouettes. Une grande, forte et musclée. Et l’autre, petite, bossue, drapée de blanc. Je me concentre un peu plus. Je veux savoir ce qu’il se passe. Pendant ce temps, mon ouïe s’affine. J’arrive à distinguer quelques mots comme « docteur », « ma fille », « malade ». Ce dernier mot est le déclencheur. Mes yeux s’ouvrent en grand.

« Docteur, qu’est-ce que vous avez fait à ma fille ?
– Nous avons sécurisé la pièce.
– Mais pourquoi l’avoir attachée ? »

Attachée ? Je suis attachée ? En effet, en regardant bien autour de moi, je remarque que je suis allongée, les mains attachées aux barreaux du lit. Je ne comprends pas la situation. Pourquoi je suis attachée. Qu’est-ce que j’ai fait ? Mais je ne peux pas poser la question. Je n’arrive pas à parler. Aucun son ne sort de ma bouche.

– Votre fille est dangereuse, monsieur. Dangereuse pour les autres mais aussi pour elle-même. Monsieur, votre fille est folle ! »

Non, ce n’est pas possible. Je m’agite. Je tente désespérément de me dégager de mes entraves. Mais c’est peine perdue. J’essaie quand même de me dégager. Soudain, je sens que quelque chose me perce la peau. Un liquide chaud en sort. Je ne sais plus pourquoi je m’agitais. Je me sens bien dans ce lit. Mais quelque chose me dérange. Dans un coin de mon esprit, un mot clignote. Folle. Mais je ne me rappelle plus ce qu’il signifie.

« C’est pour son bien que nous faisons cela, monsieur. »

Mon père se met à pleurer. C’est la première fois que je le vois dans cet état. Ça me touche vraiment. Mais la raison m’en échappe complètement.

« Monsieur, venez avec moi et allons faire un tour dans le jardin. »

30 jours pour écrire #2 : Jour #7 : Folie ?

Je ferme mes yeux. La fatigue m’emporte …

*

La cloche sonne. Je suis dans la cour, entourée d’enfants qui jouent, courent, crient, pleurent et rient. C’est l’heure de rentrer en classe. Comme de petites fourmis, ils se mettent en rang devant la porte. Je les compte. Ils sont tous là, on va pouvoir entrer.

*

« Maman ! »

Ma fille joue dans le jardin avec un avion qu’elle a construit avec des brindilles. C’est une belle journée d’été. Il fait chaud. La piscine est découverte.

« Ne cours pas trop près de la piscine ! »

Mon mari râle un peu. Il pense qu’elle ne devrait pas s’approcher de la piscine quand nous ne sommes pas à ses côtés.

« Mais papa … »

Elle n’a pas le temps de finir sa phrase.

*

« Madame, ce n’est pas possible pour nous de vous laisser partir ! »

Un homme en blouse me parle, mais je n’ai pas conscience de ce qu’il me dit. Je sens qu’il me parle, mais je ne l’entends pas. Je suis renfermée en moi, dans mon corps, dans mon esprit. Parfois, j’aimerai m’échapper, mais dès que je tente quelque chose, une force, un lien invisible me retient.

*

« Eh ma’moiselle ! »

Une ruelle sombre, froide. Je me retrouve plaquée contre le sol dur. Je sens que l’on me serre. Ça fait mal. Un peur sourde me submerge. Des frissons me parcourent le corps. Je perds le contrôle de mon corps.

*

Je crie. Je me réveille, en sueur, dans mon lit. Je sais que cette nuit encore, je ne me suis pas reposée. Comme les nuit précédentes, je n’ai pas eu ni de rêves ni de cauchemars, mais j’ai vécu une deuxième vie. Ou plutôt plusieurs autres vies. Je ne sais pas pourquoi, mais chaque fois que je ferme les yeux et que je m’assoupis, d’autres personnes prennent possession de mon corps. Ils vivent à travers moi leur vie. Mais moi, je suis impuissante face à ça. Je subis.

30 jours pour écrire #2 : Jour #3 : Chronique #16 – Fleurs sauvages

« Beattie : Glasgow, 1929. Beattie Blaxland avait des rêves. De grands rêves. Elle rêvait d’une vie remplie de mode et d’étoffes. Ce dont elle n’avait jamais rêvé, c’était de tomber enceinte de son amant, un homme marié, à la veille de son dix-neuvième anniversaire.

Emma : Londres, 2009. Emma Blaxland-Hunter vivait son rêve. Danseuse étoile au London Ballet, elle avait tout. jusqu’au jour où elle a tout perdu.

Des décennies les séparent et les deux femmes doivent trouver la force de reconstruire leur vie. Un héritage mènera l’histoire à Wildflower Hill, là où une femme peut apprendre à se relever et savoir ce qu’elle veut vraiment. Des différences de classes sociales à Glasgow pendant la dépression aux pâturages vallonnés d’une ferme dans la campagne tasmanienne : une histoire inoubliable pleine de passion, d’amour, de secrets et de malheurs. »

Ce qui m’a le plus sauté aux yeux, c’est que selon l’époque à laquelle on vit, on ne réagit pas de la même façon. Beattie, qui a eu un enfant à ses dix-huit ans, a dû abandonner ses rêves (momentanément) pour élever sa fille. Le destin a fait qu’on la lui a enlevée. Elle a dû vivre avec ce lourd secret toute sa vie, mais cela ne lui a pas empêché de vivre son rêve : devenir une grande couturière. Durant toute sa vie, elle a surmonté tous les obstacles qui se sont présentés à elle. A l’inverse, sa petite fille Emma a toujours eu ce qu’elle voulait, et ce dès sa plus tendre enfance. Mais un jour, après un accident, elle doit renoncer à son plus grand rêve : danser. Et elle a vite baissé les bras. Si elle avait eu le courage et le cœur de sa grand-mère, elle aurait remarqué plus tôt les gens qui l’entouraient et l’aimaient pour ce qu’elle était vraiment. Et elle ne se serait pas dit que c’était la fin, mais un le commencement d’une nouvelle vie. La vie lui a offert une nouvelle chance, elle a mis du temps à la saisir.

Ce que je veux dire, c’est qu’avant, quoique l’on ait, on le gagnait. Et on n’abandonnait jamais ses rêves. Aujourd’hui, alors qu’on a tout et tout de suite, on baisse les bras à la moindre contrariété.

Ce livre est aussi une histoire de sentiments. Une mère, qui l’a été jeune et sans le vouloir vraiment, se voit interdire tout contact avec sa fille. La vie suit son cours. Elle rencontre d’autres hommes, dont l’un devient son mari et le père de ses enfants futurs. Elle a un garçon et une autre fille. Ce n’est qu’à sa mort que son passé est dévoilé. Pendant toutes ces années, une lettre destinée à sa première fille est cachée sous un matelas. Environ 30 ans plus tard, il va être restitué à sa véritable propriétaire. C’est à ce moment que vont se rencontrer deux parts d’une existence qui ne devaient jamais se croiser.

Fleurs sauvages, un livre sur les destins croisés, les différences générationnelles et le combat d’une vie. Mais surtout un livre plein de souvenirs et d’émotions.

30 jours pour écrire #2 : Jour #2 : Glandouille

Bien le bonjour mes petites fleurs !

Aujourd’hui est une journée off pour moi. Pas officiellement, mais j’ai eu besoin d’une journée de repos. Mais du coup, je glandouille. Pourtant, cette journée commençait bien. Je me suis levée à 7 heures, lavée, habillée, pomponnée. J’ai pris un bon petit déjeuner et là, le drame. J’ai regardé par la fenêtre. Et toutes mes bonnes intentions se sont envolées. Il fait gris dehors, et moi, ça me donne le cafard. Du coup, je ne fais rien. A part … Quoi donc ? Rien …

Et cet article ne sert à rien, mais je vous partage quand même ma fainéantise. A bientôt dans un prochain article. Ciao.

30 jours pour écrire #2

Bonjour mes petites fleurs !

Je suis désolée de vous avoir abandonné aussi longtemps. J’ai eu quelques petits problèmes personnels. C’est pour m’aérer l’esprit que je me relance dans un 30 jours pour écrire. Et cette fois, je m’y tiendrai.

Pour ceux qui n’étaient pas là à la première édition, qu’est-ce que c’est ? Pendant un mois (ou plutôt 30 jours), je me lance le défi d’écrire des textes tous les jours. Et ça peut être n’importe quoi. Un article, une fiction, de la poésie, un coup de gueule, peu importe. Le tout est de se faire plaisir en écrivant, et ce une fois par jour pendant un mois.

Bonne écriture et à bientôt dans un prochain article. Ciao les fleurs !

30 jours pour écrire #2 : Jour #1 : Trois ans …

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Aujourd’hui, ça fait trois ans que nous sommes séparés. On dit que l’amour dure trois ans. Pour moi, c’est le temps qu’il m’a fallu pour t’oublier. Non, pas t’oublier. Juste comprendre que tu ne faisais plus partie de ma vie.

Il tenait dans ses mains un papier un peu froissé qu’il avait trouvé glissé sous sa porte. Ces mots, il les a relus plusieurs fois. Il n’a pas tout de suite compris. Au début, il a cru à une mauvaise farce, mais personne n’est venu lui dire que c’était juste pour rire. Puis il s’est souvenu. Du tréfonds de sa mémoire, une image a surgi. Floue, dans un premier temps, elle est devenue de plus en plus précise, plus nette.

Ça faisait trois ans qu’il ne l’avait pas vue, mais il se souvenait parfaitement d’elle. Cette femme, il l’avait aimé. Une belle rousse avec de magnifiques grands yeux verts. Quand il regardait dans ses yeux, il se noyait dans leur immensité. Non, il avait cru l’aimer. Car à l’époque, il ne savait pas ce que c’était, l’amour. La seule chose qui le rendait fou, c’était son corps. Elle était élancée, avec d’interminables jambes. Et elle avait une poitrine … A faire se damner un saint. Il se rappelait leurs séances de jambes en l’air. Il n’en a jamais connu d’aussi mémorables par la suite. Oui, cette femme a été sienne pendant un an. Mais elle était trop pour lui, misérable morceau de chaire. Car en plus d’un corps, elle avait un cœur en or. Pendant que lui ne pensait qu’à leurs ébats, elle s’était attachée. Des sentiments sont apparus.

Un jour, après une soirée très active, elle s’est jetée à l’eau. Elle a osé faire le premier pas. Elle lui a avoué ce qu’elle ressentait. La seule réponse qu’il lui a donné, c’est un rire. Un rire bien gras dû à l’alcool qu’il avait ingéré cette nuit-là. Elle s’est sentie vexée. Elle s’est levée, a vêtu ce qui lui est passé sous la main –en l’occurrence une chemise de nuit – et est sortie en claquant la porte. C’est la dernière fois qu’il la vit. Il entendit bien parler d’elle dans les médias, mais il n’avait pas fait attention à sa popularité florissante.

Tout ça jusqu’à ce matin, alors qu’il était en caleçon, sur le pas de sa porte, en train de décuver d’une nuit un peu trop arrosée. Et lui, en trois ans, qu’avait-il fait ? La réponse ne s’est pas faite attendre. Rien ! Sombre constat. Alors qu’elle faisait carrière dans le show-biz, lui n’avait pas avancé d’un poil. Il vivait toujours chez ses parents, était sans emploi et n’avait personne dans sa vie. Trois ans de misère totale. Et là, seule, dans un triste état, il se mit à pleurer. Il venait de se rendre compte qu’il était passé à côté de son bonheur, trois ans auparavant. Mais il était trop tard.

Défi : Avoir plein d’idées pour améliorer sa vie #8 – bilan

Bonjour mes petites fleurs !

Aujourd’hui, je fais le bilan du défi Avoir des idées pour améliorer ma vie. Mon objectif était (et est toujours) : comment être heureuse ?

En sept jours, j’ai eu 75 idées différentes. Non, je triche un peu car j’en ai rajouté une ou deux aujourd’hui, mais en fonction de ce que j’avais déjà écrit. Ca fait beaucoup. Je ne m’imaginais pas pouvoir en trouver autant. Ah, le complexe d’infériorité, la négativité, c’est pas bien. Pourtant, il me semble que dans ces mêmes idées, j’ai dit que pour être heureuse, je voulais être positive …

En parlant d’être positive, j’ai mis ça en pratique ce week-end. Comme chaque fin de semaine, je rentre à la campagne retrouver mon père. Mais le problème avec lui, c’est que rien ne va. Il est toujours en train de râler. L’avantage, c’est qu’on ne peut pas se tromper sur sa nationalité. Du coup, à chaque fois qu’il se plaignait, j’essayais de trouver quelque chose de positif. Ça a même rendu l’ambiance moins tendue et aucune dispute n’est venue ternir ce magnifique week-end (bon, là, d’accord, j’en fais peut-être un peu trop, mais vous avez compris le principe).

Et une autre idée que j’ai mis en pratique : « réussir quelque chose ». En l’occurrence, j’ai réussi à terminer ce défi. Je suis fière de moi. Je me suis prouvée que je pouvais y arriver, que la réussite n’était pas uniquement réservée aux autres.

Enfin, quoique j’aurai dû commencer par ça je pense : Quelques petites observations. Mes idées peuvent se classer en sept catégories différentes :

– personnel / mode de vie : j’ai besoin de m’écouter, d’arrêter de rêver ma vie, mais de la vivre.
– les autres : j’aime les autres, mais je ne l’ai jamais vraiment montré. Il est temps que ça change…
– santé / sport / alimentation : Un esprit sain dans un corps sain. Moi je dis, ça ne peut pas faire de mal. Mais attention, je ne parle pas d’aller dans les extrêmes. Juste me sentir bien. D’ailleurs, depuis que j’ai pris quelques kilos (merci la 3D), je me sens plus à l’aise, plus en confiance, plus moi.
– famille / amour : Si il y a bien une chose qui part en cacahouète, c’est ma relation avec mes proches, mais aussi mes amours. Pourtant, je m’aperçois que c’est essentiel à mon bonheur. Nos proches n’ont qu’une seule vie et ce n’est pas quand ils ne sont plus là qu’on peut leur témoigner notre affection.
– activités / passe-temps / loisirs / passions
– futur / carrière / études
– futilités, mais qui nous sont indispensables pour être heureux

J’ai été bien contente de finir ce défi, ça m’a permis de me (re) découvrir et de faire le point (encore une idée mise en pratique), à mon plus grand bonheur. Je vous souhaite une bonne fin de journée et à bientôt (demain ?) dans un prochain article. Ciao !